L'organisme CPIVAS bientôt à l'école.
Par Julie, lundi 20 avril 2009 à 23:00 :: Dernières nouvelles :: #135 :: rss
L'organisme CPIVAS (Centre de Prévention et d’Intervention pour les Victimes d’Agression Sexuelle) offre des services d'aide à toute personne victime d'agression à caractère sexuel. Des représentants de l'organisme tiendront un kiosque d'information le 21 avril à la cafétéria principale et le 24 avril à la cantine Renaissance. Par la suite, les 28 avril et 8 mai, les élèves intéressés pourront participer à des dîners-causeries animés par des gens du CPIVAS. Les dîners auront lieu au local 2008 (apportez votre repas). Le CPIVAS peut être joint par téléphone au (450) 669-9053.
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Voici une histoire fictive traitant d'agression sexuelle. Certains passages pourraient être plus difficiles à lire pour certain(e)s. Vous y trouverez plusieurs formes d'agressions sexuelles et plusieurs façons d'y réagir autant pour la victime que pour les proches. J'aimerais que vous reteniez que si vous, ou un(e) de vos ami(e)s, vivez une histoire semblable, l'important est d'en parler à quelqu'un de confiance. Vos parents sauront aussi vous aider et vous guider. Il se peut que cette personne ne réagisse pas tout à fait comme vous l'auriez souhaité. Dans ce cas, il ne faut pas vous décourager, parlez-en à quelqu'un d'autre. L'important est de ne pas rester seul avec ce lourd secret et d'aller chercher de l'aide.
À l'école, vous pouvez toujours compter sur les éducateurs (Suzanne, Rodrique, France et Sylvie), les psychologues (Claudine, Nathalie et Audrée) et l'infirmière (Lyne) pour vous aider. Les enseignants sont aussi des personnes qui sauront vous guider.
Finalement, je tiens à remercier l'auteure de cette histoire qui réussira peut-être à vous convaincre d'aller chercher de l'aide.
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Salut, je m'appelle Élodie, j'ai bientôt dix-sept ans et j'aimerais vous raconter mon histoire. Vous devez vous demander pourquoi une fille qui sort de nulle part voudrait vous raconter une histoire qui ne vous apportera rien d'autre qu'un profond sentiment de pitié. Pour ma part, je vous répondrai qu'il est assez surprenant que j'aie passé à travers tout cela. Puis, la curiosité va vous amener à lire mon histoire.
Tout a commencé l'été dernier. Je travaillais dans ce camp où j'ai rencontré plein de personnes très amusantes. Il y avait aussi ce gars… Patrick… Il travaillait aux cuisines avec moi. Pendant une pause, nous sommes allés prendre une marche dans le bois. Je le trouvais vraiment beau, il avait un regard profond et doux à la fois. Mes amies et moi, nous nous amusions à dire qu'il avait été sculpté par des anges. On le surnommait « Sexy Back », à vous de trouver pourquoi. À cet instant, j'ai réalisé qu'on se tenait la main. Je fondais. On s'est assis sur un vieux tronc d'arbre, il allait m'embrasser lorsque l'arbre a fendu! Pat était complètement par-dessus moi. Une grave question me trottait dans la tête, pourquoi gardait-il sa main sur ma poitrine? Je l'ai retirée, mais il l'a remise et s'est mis à m'embrasser le corps comme un déchaîné. Je me débattais, mais il continuait. Ce monstre continuait. Je me débattais du mieux que je pouvais, mais petite comme je suis, je n'arrivais pas à grand-chose. Je l'ai giflé, il a reculé, puis m'a laissé partir. Arrivée au camp, je n'ai pas dit un mot du reste du séjour. Étrangement, ma grande sœur, qui était avec moi au camp, était aussi silencieuse que moi. Ne voulant pas être amenée à parler de ce qui m’était arrivé et risquer que tout soit déballé devant mes parents, je ne lui ai posé aucune question. De toute manière, peut-être que ce silence ne voulait rien dire d'autre que de la fatigue ou peut-être faisait-elle cela pour attirer l'attention, comme à l'habitude?
Arrivée à la maison, je me suis immédiatement rendue chez ma voisine et grand-mère, Maria. Je l'avais toujours admirée. Je l'adorais. Elle était belle, ma grand-mère, c'était une femme forte qui avait tout vécu. J'étais en pleurs lorsqu'elle m'a ouvert la porte. Nous nous sommes rendues dans la petite cabane dans sa cour, on s'assoyait toujours là pour tout oublier. Sans trop tarder, je lui ai raconté ce qui s'était passé. Elle m'a serrée dans ses bras, elle connaissait tout cela. Maria avait déjà dû passer à travers quelque chose de semblable. Je crois qu'elle aurait souhaité que cela ne me soit jamais arrivé. Malheureusement, c'était le cas. Ma sœur arriva elle aussi en pleurant : elle nous avait écoutées en cachette et, voyant que Patrick m'avait fait la même chose qu'à elle (car c’était pour cela qu’elle était silencieuse!), elle avait voulu se vider le cœur… Wow! Ma sœur m’a dit que Patrick avait fait trois autres victimes au camp.
Le lendemain, après notre discussion avec Maria, ma sœur m’a dit qu'elle ne voulait pas le dénoncer, moi, je ne comprenais pas comment on pouvait ne pas en vouloir à un gars qui nous a fait du mal… Je voulais le dénoncer, mais le fait d'ignorer comment mes parents réagiraient me faisait assez peur, alors je suis allée voir ma chère Maria. Voyant ma situation de détresse, elle a dû revenir dans ses vieux souvenirs pour me dire que lorsqu'elle avait parlé de l’agression qu’elle avait subie à ses parents, ils avaient bien réagi. Enfin, ils étaient fâchés contre ce monstre, mais ils avaient soutenu et aimé leur fille adorée. Elle a aussi dit que la réaction de ma sœur était normale, elle avait peut-être peur de ce qui arriverait si elle le dénonçait. J'en ai alors profité pour dire à Maria que ma sœur avait continué de parler à Patrick! Maria n'en revenait pas du fait que ma sœur puisse parler à un monstre qui lui avait fait mal. Je lui ai aussi dit que pendant la soirée, une des autres victimes, moins âgée que moi, m'avait dit de lui pardonner, et que c'était de ma faute! Ma grand-mère m'a dit de ne pas en vouloir à cette pauvre fille. Il lui avait fait un lavage de cerveau. J'ai décidé d'en parler à mes parents ce soir-là.
Je crois bien que les parents d'aujourd'hui ne sont pas tout à fait comme les parents du temps de Maria. Ils m'ont consolé trente secondes, puis m'ont reproché de ne pas leur avoir annoncé la nouvelle la journée-même. Puis, ils m’ont chicané pour me dire que je n'avais pas fait la vaisselle. Par la suite, ils ont continué de vivre, indifférents face à ce que je vivais! Comment pouvaient-ils me faire une chose pareille!?
Les jours passèrent et je n'en pouvais plus de savoir qu'il était libre comme l'air alors que moi, je me faisais crier par-dessus la tête par mes parents. Un jour, je suis allée voir Maria parce que mes parents m'avaient poussée à bout. Elle m'invita à aller faire un tour en ville. En revenant, ma grand-mère chantait un air doux, je n'avais aucune idée de ce que c'était, mais cela me permettait d'avoir la tête vide. Je regardais par la fenêtre et je nous imaginais, Maria et moi, dans la merveilleuse villa sur le bord du lac que je ne pouvais m'empêcher de regarder à chaque fois qu'on passait par là.
En arrivant, mon père me criait après et c'était le dur retour à la réalité. Le pire dans tout cela, c'était qu'il avait réussi à glisser, entre deux jurons, que des policiers allaient peut-être débarquer pour peut-être me permettre de porter plainte pour que peut-être Patrick aille, avec peu de chance, je le répète comme il me l’a dit, en prison si (et seulement si) je pouvais avoir le soutien des autres victimes. Après que j'en aie eu fini avec mon père, ma sœur m'a annoncé que les filles seraient prêtes à m'aider à le dénoncer. Durant la semaine, mon père m'a dit que le lundi suivant, toutes les filles et moi devrions aller à un endroit dont j'ignorais l'utilité pour parler de notre "expérience", comme il l'avait dit. Maria ne m'avait jamais vue enragée comme cela. Une chance qu'elle était là pour moi, sinon je ne sais pas comment j'aurais fait pour passer à travers la semaine la plus longue que j'avais jamais vécue. Elle m'a dit qu'elle viendrait me voir lundi.
Le lundi arriva, mon père m'annonça que la réunion avait été annulée. C'était tout ce qu'il savait! Rien de plus! Je ne savais toujours pas si Patrick avait été renvoyé et cela, je voulais le savoir parce que moi, je voulais retourner au camp voir mes autres amies, mais en même temps, je ne tenais vraiment pas à le croiser. Et bien sûr, il fallait que mes parents me laissent y retourner. J'ignorais quoi faire. Je suis allée sonner chez Maria, personne ne répondait. J'ai été voir dans la cour, elle n'y était pas et pourtant sa voiture était dans l'entrée. Je suis entrée avec la clé qu'elle garde cachée pour nous. En entrant, je la vis, elle gisait au sol et ne bougeait plus… J'ai appelé les secours, puis tout s’est passé comme dans un rêve. On nous a finalement annoncé son décès…Toute la nuit, j'ai pleuré en me disant que plus jamais je ne passerais à travers de cela. Elle était la seule qui me comprenait…
Le lendemain, mes parents insistaient pour que j'aille à l'école, ils ne voulaient pas que je passe ma journée à me morfondre. Ils disaient que c'était pour mon bien. Comment osaient-ils me dire cela? Malgré tout, quand mon père est devenu agressif, j'ai cédé. Arrivée en classe, je ne parlais plus et j'avais constamment la larme à l’œil. Puis, une de mes amies de classe est venue me parler, je la connaissais depuis deux ans. Elle s'appelait Jenna, elle était dans mon cours de théâtre. Elle m'a dit qu'elle avait remarqué que je n'allais pas bien et qu'aujourd'hui, sa patience avait atteint sa limite et qu'elle devait savoir ce qui m'arrivait. Épuisée et à bout, je lui ai tout raconté en pleurant. Tout! Du début de mon histoire jusqu'à maintenant. Elle m'écoutait attentivement et j'ai remarqué que ses yeux étaient mouillés… Bien sûr, on a attiré l'attention de la classe, les élèves se sont tous approchés de moi en m'écoutant. Normalement, j'aimais mieux ne pas attirer l'attention, mais j'étais tellement contente de me sentir soutenue que je les ai laissés m'écouter. Jenna m'a invitée à venir dormir chez elle ce soir-là. J'ai réfléchi trente secondes, puis j'ai réalisé que c'était ce qui me ferait le plus grand bien.
Vous vous demandez peut-être comment j'ai convaincu mes parents? Je ne leur ai pas donné le choix : j'ai juste demandé à ma sœur qu'elle les prévienne, que ça leur serve de leçon! De toute manière, je n'ai même pas pensé à eux. Je m'amusais trop. Quand nous nous sommes couchées, Jenna m'a dit qu'elle avait aussi vécu un abus sexuel, mais dans son cas, c'était son grand-père. Pauvre elle… C'est à ce moment-là qu'elle me raconta son histoire.
C'était l'été et elle était seule avec son frère, qui s'enfermait dans sa chambre et jouait avec l'ordinateur lorsque son grand-père était venu sonner. Elle l'avait laissé entrer et l'avait salué. Il était venu voir le père de Jenna. Elle lui dit que ses parents étaient partis faire des courses. C'est à ce moment qu'il a abusé d'elle. Plus tard, dans l'année, durant un de ses cours, elle avait reçu la visite de C.P.I.V.A.S. qui était là pour aider, montrer aux élèves comment réagir si on était la victime ou l’ami d'une victime d'agression sexuelle. C'est après la deuxième rencontre avec C.P.I.V.A.S qu'elle avait décidé d'en parler à son amie la plus précieuse. Son amie, qui avait aussi été abusée lorsqu'elle était petite, lui avait fait promettre d'en parler avec ses parents dans la semaine suivante. Le lendemain soir, Jenna avait décidé de le dire à ses parents.
J'ai été assez surprise d'apprendre que ses parents, eux, l'avaient soutenue bien mieux que les miens. Le lendemain soir, les policiers étaient là pour qu'elle porte plainte. La suite avait été plus compliquée: à quelques reprises, elle avait dû rencontrer les enquêteurs et la procureure pour raconter "l'évènement". Tout cela pour un mince résultat, parce que son abuseur était mourant. Elle était tout de même fière d'avoir sauvé d'autres victimes probables dans sa famille.
Le lendemain, je suis allée chez moi. En entrant, mon père m'a dit que le camp avait appelé pour dire que Patrick n'avait pas été renvoyé. Il m'a ensuite demandé si j'étais prête à le dénoncer! Sous le choc, j'ai repensé à ce que Jenna m'avait dit la veille. Je ne voulais pas vivre cela…Je ne me sentais pas aussi forte qu'elle.
À l'école, j'en ai parlé à Jenna qui m'a dit de ne pas me fier au temps, mais aux autres victimes qu'il pourrait faire et elle m’a rappelé que je savais à quel point il en était capable. Elle m'a aussi dit que si toutes les victimes d'agression se battaient pour punir ceux qui le méritent, la justice serait plus sévère envers les abuseurs. Ce soir-là, j'ai dit à mon père que j'étais prête. Plusieurs mois plus tard, le camp a subi un procès pour ne pas avoir pris au sérieux les plaintes graves au sujet de Patrick, et celui-ci a été condamné à la prison pour très longtemps grâce aux témoignages des autres victimes. Il n’aurait été là que pour cinq ans pour les crimes commis à mon endroit, ce qui, selon moi, est loin d'être suffisant. J'ai fini par faire mon deuil de Maria et tout ça, grâce à ma très chère amie Jenna.
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